Le four à pain

Comme dans tous les hameaux, le four à pain est commun à l’ensemble des habitants. La petite bâtisse est construite un peu à l’écart des maisons afin d’éviter les risques d’incendie.

Le foyer est tout entier fait de pierres que l’on a assemblées en voûte plus ou moins maçonnées, mais le plus finement ajustées les unes aux autres.

L’intérieur forme une cavité n’ouvrant que su la cheminée. Au Lavancher, le sol du four est un peu bosselé, ce qui rend le travail du boulanger un peu délicat. Les pierres auraient-elles bougé, au fil des décennies?

Le jour de la cuisson du pain reste, pour le village, un vrai jour de fête. Chacun apporte son fagot de bois et le foyer est allumé : il faudra l’entretenir pendant plusieurs heures, afin que les pierres deviennent brûlantes et restent très chaudes le temps de la cuisson. La veille, la maîtresse de maison a brassé dans la pétrin familial la lourde farine de seigle et confectionné une trentaine ou une quarantaine de grosses boules prêtes à cuire. C’est la quantité de pain nécessaire à la famille pendant deux mois. Quand le four sera chaud, chaque famille viendra à tour de rôle procéder à la cuisson de son pain : de belles miches de deux kilos qui se conserveront tranquillement jusqu’à la prochaine fournée.

Et puis, suprême friandise, les épognes, sortes de petits pains de farine et de betterave mélangées, seront cuites dans le four encore tiède et distribuées aux enfants.

En 1981, lorsqu’ils décident de reconstruire le four, Fernand Audibert et James Couttet ont devant eux un bâtiments presque en ruine puisque le toit s’est écroulé en son milieu. Tout à été démonté.

J’ai surtout refait le toit. Entre la voûte qui s’était aussi effondrée et la toiture, il y avait du sable. Nous avons fabriqué un gabarit en contreplaqué puis remonté la voûte en reprenant les pierres sur place. Puis nous avons refait la charpente et le toit en ancelles.

L’intérieur, une fois nettoyé, est laissé en l’état. La petite, mais épaisse, porte de fer du four s’ouvre bien sur ses gonds qu’il est juste nécessaire de dégripper et de graisser. Le linteau arrondi garde une date, gravée dans la pierre : 1819.

Aujourd’hui, le four est régulièrement remis en service lors des fêtes au village. Pour la fête des guides, pour Noël…, on peut à nouveau déguster le bon pain cuit au feu de bois.

La toiture de la bâtisse qui abrite le four banal a été rénové grâce à l’association des amis du Lavancher.